Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis Laurence, doula à Montreuil et dans l’Est parisien depuis 2022. Dans ma vie professionnelle d’avant j’étais éducatrice spécialisée. J’ai longtemps travaillé en pédopsychiatrie auprès d’enfants âgés de 3 à 8ans présentant diverses difficultés de santé mentale.
Je suis mère de deux enfants, sœur, amie, partenaire… Je suis une touche-à-tout : j’aime chanter, danser, coudre, faire de la gravure, de l’aquarelle… J’aime essayer de nouvelles choses.
Comment as-tu fait connaissance avec le Slow Rebozo®? Qu’est-ce qui t’a attiré.e ?
Malgré ce côté couteau suisse, il y a un invariant dans ma pratique actuelle et dans ma pratique d’éducatrice spécialisée par le passé : les tissus. A l’hopital, j’utilisais déjà des tissus avec les enfants pour bercer, porter, envelopper, apaiser, jouer… Au tout début de mes réflexions autour de ma reconversion, j’ai eu la chance de croiser Anne sur mon chemin. Elle m’a parlé de son travail de doula et de cette façon si particulière qu’elle avait de prendre soin des femmes autant par la parole que par le corps. J’ai pris entre mes mains un rebozo lors d’une journée d’initiation chez gynécée en 2021 et depuis, je n’ai plus jamais lâché mes tissus. Je trouve dans le rebozo un accompagnement global, un soutien du corps comme un prolongement de mon travail d’écoute des mots.
Qu’est ce qui te plait le plus dans cette approche du slow rebozo® ? Pourquoi devenir praticien.ne certifié.e ?
Ce qui me plaît le plus dans le Slow® c’est de prendre le temps. Ce moment où je glisse une femme dans mes tissus et que moi aussi je ralentis avec elle. Je le dis souvent mais lorsque je donne un soin, je suis entièrement avec la personne. Pas de place pour la charge mentale, la liste de courses ou autre colis a récupérer. Comme lorsque j’écoute une femme me raconter tantôt son récit de naissance, tantôt l’épreuve qu’elle traverse en ce moment. Je me sens connectée avec celle dont je prends soin. Une forme de communion vraiment très puissante.
J’ai souhaité devenir praticienne certifiée car, en me certifiant, j’intègre la communauté du slow rebozo et cela m’apporte beaucoup. Je fais partie d’un groupe. Un ensemble dans lequel on réfléchit, on continue à se former, à expérimenter, à échanger sur nos pratiques. Et c’est vraiment précieux pour moi.
Si tu devais donner 3 mots pour résumer ta pratique du slow rebozo® ?
Amour, lenteur et connexion.
Quel est ton rapport à la lenteur dans la vie de tous les jours ? Emportes-tu le Slow avec toi à la maison ?
Comme nombreuses d’entre nous j’ai souvent l’impression de faire un fractionné au quotidien. Courir pour déposer les enfants à l’heure, arriver à mon rdv dans les temps et puis ralentir auprès des familles que j’accompagne. Au début je me suis interrogée sur ce rythme un peu paradoxal. Mais en fait je m’y retrouve. Je crée des bulles de lenteur dans mes journées, dans mes semaines. C’est comme le bonheur je crois, je ne suis pas toujours dans la plénitude et la joie constante. Je ne suis donc pas tout le temps dans la lenteur. Je m’accorde aussi des moment de lenteur juste à moi avec des massages régulièrement, des déjeuner avec mes ami.e.s, des moments de rien, de lecture ou de création.
Est-ce que tu dirais que tu as une spécificité ou une couleur particulière dans ta pratique ?
Je crois que c’est la question la plus difficile pour moi.
J’aime ce que je fais, j’aime les gens.
Je suis convaincue des bienfaits de la pratique du slow rebozo® pour l’avoir ressentie de nombreuses fois pour moi-même. Je mets beaucoup d’amour dans mes soins. Alors peut-être que c’est ça tout même ma spécificité, assumer que ces soins slow rebozo sont surtout de belles parenthèses pleines d’amour dans des vies qui s’entrecroisent.
Quelles sont tes inspirations du moment (littérature, danse, musique, nature…) ? Si tu as une lecture ou une musique que tu aimes particulièrement peux-tu nous la partager ?
Depuis toujours, ce sont les gens, leurs histoires et leurs parcours qui m’inspirent le plus. J’écoute énormément de podcasts de témoignages, des espaces où les personnes se racontent et se livrent avec sincérité — leurs émotions, leurs épreuves, leurs expériences de vie. J’aime particulièrement des podcasts comme Émotions, Passages, Le Goût de M, Les Pieds sur terre ou encore Transfert.
Ces rencontres virtuelles me rappellent sans cesse que chaque personne est unique. Je me nourris de ces récits pour ne jamais oublier à quel point l’humain est riche et complexe. C’est quelque chose de très précieux pour moi, qui m’accompagne aussi bien dans ma vie personnelle, avec ma famille et mes amis, que dans mon travail.
La musique occupe également une place essentielle dans mon quotidien. Je la vois comme une enveloppe sensorielle, une manière de mettre une bande son sur ma vie. Certains souvenirs marquants sont indissociables d’un album ou d’un morceau que j’écoutais à cette période-là : il suffit parfois de quelques notes pour me replonger instantanément dans une émotion ou un moment précis.
Et enfin, comme bon nombre de Franciliens, j’ai régulièrement besoin d’aller me reconnecter à la nature. J’aime particulièrement la mer, l’océan, mais aussi les eaux vives — je ne m’appelle pas Rivière pour rien. Ça m’apaise instantanément et me ressource profondément.
Le slow rebozo® est en perpétuel mouvement, quelles sont tes envies pour l’avenir en tant que praticien.ne ?
J’aimerais plus de slow rebozo partout. Je suis confiante en cette pratique qu’Anne m’a transmise et j’aimerais pouvoir la faire entrer dans les entreprises, les institutions spécialisées autant que les écoles. Auprès des jeunes enfants tout autant que des personnes âgées. Je souhaite de tout cœur pouvoir continuer à glisser encore pleins pleins de personnes dans mes tissus.
Est-ce que tu as un mantra, une devise qui t’accompagne dans ta pratique du Slow Rebozo® ?
Je crois que je vais choisir ce mantra que je peux dire à mes enfants, à mes clientes et donc à moi-même également « fais toujours de ton mieux ». Je trouve qu’il est doux, qu’il n’est pas une énième injonction à performer. Et ça me parle.

